Dans Mon Hall fait son festival

27 courts-métrages réalisés uniquement avec des habitants des quartiers à travers toute la France, 9 réalisateurs, des salles combles...


27 courts-métrages réalisés uniquement avec des habitants des quartiers à travers toute la France, 9 réalisateurs, des salles combles à toutes les projections publiques, "Dans Mon Hall" a fait, le 4 mars dernier à Paris, son festival rétrospectif.

Un immense succès pour l'initiative, soutenue par la Fondation Abbé Pierre, et portée par le réseau de La Confédération Syndicale des Familles (CSF) et l'équipe de production de 'De l'Autre Côté du Périph'.

Nous sommes allés à la rencontre des habitants et acteurs en herbe pour mieux comprendre l'impact du projet et les dynamiques locales qu'il a, partout, su impulser. 


« Je pensais que ça allait être un beau projet mais je ne pensais pas qu’on allait avoir autant de personnes »
Thierry Debeury, CSF, habitant, acteur et coordinateur du projet « Dans Mon Hall » à Lanester


« Je travaille à la CSF, j’ai été l’un des premiers informés. J’ai motivé tous les gens que je connaissais à participer à ce projet. Au départ les personnes nous disaient : ‘nous on ne sait pas faire du cinéma, c’est pas pour nous’ (…) Nous leur avons répondu que nous aussi nous ne savions pas faire,  mais qu’on était là pour le faire ensemble. Presque tout le quartier s’est impliqué dans le projet. On a fait une première projection dans le quartier sur le mur d'un bâtiment. Nous avions organisé pour l’occasion un grand repas où tous les habitants du quartier sont venus. Je pensais que ça allait être un beau projet mais je ne pensais pas qu’on allait avoir autant de personnes (…) Quand on a commencé on était une petite dizaine à croire au projet (…) Nous avons fait une deuxième projection dans une salle de cinéma, et avons même loué un car pour les gens qui ne pouvaient pas se déplacer. Nous avons également fait une exposition et on espère encore servir ce projet pendant longtemps. »


« Beaucoup de personnes du quartier ont appris à se connaître à travers ‘Dans Mon Hall’ »
Tarik Laghdiri, habitant à Aulnay-sous-Bois


« J’ai découvert la CSF à travers ‘Dans Mon Hall’. CSF que j’ai intégrée par la suite. J’ai participé en tant qu’auteur et à la réalisation sur l’un des courts-métrages. Le projet à créé une effervescence (…) Beaucoup de personnes se croisaient dans la rue sans se connaître et ont appris à se connaître à travers ‘Dans Mon Hall’. Ça continue en parallèle avec ses gens là pour d’autres projets dans la ville ».


« J’ai beaucoup apprécié le mélange de populations »
Françoise Leprince, présidente de la section CSF de Condé-sur-Noireau


« Jusqu’au dernier jour j’avais une peur panique que les gens ne viennent pas (…) Ils sont venus, en masse. Ce que j’ai beaucoup apprécié c’est le mélange de populations ». A l’inverse par exemple de certains repas de quartier. « Là c’était tout le monde ».  Le jour de la projection, la séance de cinéma (gratuite) a fait salle comble soit 350 personnes. L’occasion de lancer une nouvelle dynamique. « On aimerait bien qu’il y ait un après». A l’occasion, par exemple, des prochaines démolitions dans le quartier. « A partir de « Dans Mon Hall, ça peut inciter les gens à venir parce que maintenant les gens nous connaissent », estime-t-elle.


« On s’est tous pris au jeu d’être artiste d’un jour »
Sandrine Lecoq,  habitante à Condé-sur-Noireau


« Ça a été des moments festifs,  on était en confiance (….) Le projet a mobilisé pas mal de personnes », explique-t-elle. Qui une calèche, qui un cercueil, les réalisateurs ont pu compter sur les habitants pour avoir  tout ce qu’ils voulaient.  « On s’est tous pris au jeu d’être artiste d’un jour », précise Mme Lecoq. «Lors de la projection, « quand les gens ont vu ce que nous avions fait à Condé ils étaient tous ébahis. On n’a eu que des retombées positives de ce tournage. Beaucoup de personnes ont déménagé depuis mais on prend toujours des nouvelles les uns des autres. »



« J’ai passé le casting avec mon fils. C’était très palpitant»
Frédéric Bosmon, habitant à La Boucan, Guadeloupe.


« C’est ma première expérience de cinéma. J’ai trouvé ça très nourrissant. Il y avait beaucoup d’émotion (…) On peut dire beaucoup de choses avec les images. Je venais de recevoir mon fils en vacances. Je lui ai proposé de faire le casting avec moi. C’était très palpitant de faire quelque chose avec Théo, entre père et fils. On s’est pris au jeu. La Boucan est un quartier chaud, mais à aucun moment l’équipe de tournage n’a été menacée.  Je ne vois pas des jeunes agresser des personnes qui viennent d’ailleurs pour un projet comme celui-là. Au contraire, ils seront accueillis, mais ils ne voudront pas forcément se prêter au jeu car ils associent la caméra à tout ce qui est contre eux. »


« Nous n’avions pas du tout mesuré à quel point il y aurait une mobilisation autour de ce projet ».
Aminata Koné, secrétaire générale de la Confédération Syndicale des Familles (CSF), co-producteur de « Dans Mon Hall »


« Nous savions que les habitants avaient envie de culture mais nous n’avions  pas du tout mesuré à quel point il y aurait une mobilisation autour de ce projet (…) Il y a eu entre 60 à 90 personnes  en continue sur les plateaux et jusqu’à 350 personnes en salle lors des projections (…) Mme Koné évoque également « la solidarité » dont les habitants ont pu faire preuve. Ça a été « une découverte pour eux-mêmes de voir à quel point ils étaient capables d’ouverture sur les autres ».


« Il y a dans toutes les villes des  attentes et des envies d’après »
Adoum DJIBRINE – PETERMAN, De l’Autre Côté du Périph, co-producteur de « Dans Mon Hall »



« On a fait le plus difficile, c’est-à-dire motiver les personnes à nous faire confiance et à participer à ce projet. Maintenant il y a des attentes par rapport à ce projet. Dans toutes les villes où nous sommes allés on nous a demandé si on pouvait le faire dans d’autres quartiers d’autres personnes nous ont demandé s’ils pouvaient revivre l’aventure. Je souhaite ardemment qu’il y ait un après ».

Un festival notamment honoré par la présence d'Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat chargée de la ville, ici entourée de la présidente et de la secrétaire générale de la CSF, Marie-Françoise Martin (à gauche) et Aminata Koné (à droite).


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